En octobre 2009 débute la réalisation de l’un des plus vastes ensembles de logements passifs au monde, comprenant 1 700 appartements sur plus de 100 000 m². Implanté sur une friche ferroviaire de 20 hectares à Vienne, ce projet ambitieux s’inscrit dans le cadre d’un programme municipal imposant le standard Passivhaus. Sept maîtres d’ouvrage ont ainsi proposé des immeubles collectifs présentant des besoins en chauffage compris entre 7 et 15 kWh/m², en cohérence avec un plan directeur urbain préétabli.
Le volume 1 du projet architectural se distingue par son élévation élégante, affirmant un angle urbain remarquable par sa hauteur et la singularité de sa conception. Cette construction favorise les continuités urbaines en créant des cheminements piétons entre les cours intérieures et les espaces verts publics. Sa configuration garantit par ailleurs un apport optimal de lumière naturelle dans chaque logement, grâce à des ouvertures développées sur toute la hauteur du bâtiment. Ces « fugen » confèrent également à l’ensemble une tension spatiale particulière. Le retrait du rez-de-chaussée donne au volume une impression de lévitation. Les espaces communs vitrés — salle de jeux pour enfants, locaux vélos et poussettes — y prennent place.
Chaque logement dispose d’un espace extérieur privatif. Les baies vitrées toute hauteur et les loggias périphériques assurent une continuité fluide entre intérieur et extérieur. Les typologies d’appartements sont variées, avec une attention constante portée à l’équivalence qualitative de chaque unité.
Dans la cour centrale, des câbles verticaux sont tendus pour accompagner la croissance de plantes grimpantes jusqu’aux niveaux les plus élevés. Malgré la présence d’un parking souterrain et une épaisseur de terre limitée, la cour offre un paysage dense et végétalisé.
La performance écologique du projet repose notamment sur son efficacité thermique. Une isolation comprise entre 30 et 40 cm, associée à des matériaux à haute performance, enveloppe façades et toitures afin de limiter les déperditions énergétiques. Le recours à des menuiseries triple vitrage conformes au standard passif garantit une excellente isolation, tandis que les ponts thermiques, souvent critiques, sont ici rigoureusement maîtrisés. Ces dispositifs permettent d’atteindre les exigences du standard Passivhaus, avec des valeurs seuils respectées pour la demande de chauffage (15 W/m²K) et la charge thermique (10 W/m²), contribuant à une réduction significative des émissions de CO₂.
Architecte : Dietmar Feichtinger Architectes
Ingénieur structure : Vasko & Partner
Logements passifs dans un écoquartier
Sans système de chauffage