Le canal de l’Ourcq constitue aujourd’hui un marqueur dynamique des mutations urbaines, s’imposant comme un élément structurant du projet architectural. Les logements bénéficiant d’une vue sur l’eau ou d’une proximité immédiate avec le canal profitent d’une qualité de vie accrue, entre larges perspectives et présence végétale.
Le canal affirme sa vocation d’espace de loisirs, de promenade et de mobilités douces, avec de larges pistes cyclables à l’écart du trafic, du bruit et des nuisances. De part et d’autre, de nouveaux quartiers prennent place sur d’anciennes friches industrielles laissées vacantes par le départ des activités productives. À l’est, le quartier Engelhard exprime une urbanité plus dense, tandis qu’à l’ouest se déploie le quartier de la Madeleine.
La nouvelle passerelle piétonne assure la liaison entre ces deux entités. À l’image d’un fil conducteur, elle établit une connexion directe et offre des vues ouvertes sur Paris et le parc au sud. Sa symétrie, à la fois longitudinale et transversale, affirme sa position centrale dans le paysage.
La structure, constituée d’un caisson métallique trapézoïdal, se distingue par la finesse de ses arêtes et sa faible empreinte visuelle. Les garde-corps, conçus avec des barreaux ronds verticaux, recherchent une transparence maximale afin de préserver les vues tout en garantissant la sécurité. Les mains courantes en bois, intégrant un éclairage LED, accompagnent les déplacements nocturnes.
Le choix de l’acier Corten, reconnu pour sa patine rouge caractéristique, confère à l’ouvrage à la fois pérennité et identité. Il fait écho à l’histoire industrielle du quartier Engelhard, liée à la métallurgie. Le revêtement de sol, composé d’un mélange de résine synthétique colorée et de granulats de silex, assure une adhérence optimale, y compris par temps de pluie. Les eaux pluviales sont recueillies en périphérie par des profils métalliques et dirigées vers des chéneaux en croix.
Les berges du canal sont préservées, tandis que des appuis en V viennent ponctuer le chemin de halage et s’articuler avec la structure de la passerelle.
Du côté Engelhard, un dispositif d’accès compact structure la place du Canal et en marque le centre. Côté Madeleine, des pentes douces et des plateformes en terrasses accompagnent la descente vers l’eau, ponctuées de séquences paysagères. En cohérence avec le paysage urbain, l’éclairage de la passerelle s’inscrit dans la continuité de l’éclairage public.
Architecte : Dietmar Feichtinger Architectes
Ingénieurs : Coredia
Entreprises : Razel-Bec
Paysagistes : InSitu, Verdi Atelier de Paysagisme